Imprimer

Principes spécifiques Mieux-être

Principes spécifiques
"Mieux-être des équidés"

Raccourcis en cliquant ci-dessous
1 - Lieu de vie des équidés
2 - Santé des équidés
3 - Alimentation et abreuvement des équidés
4 - Précautions pour le poulain
5 - Principes d'apprentissage des équidés
6 - Retraite et fin de vie
7 - Références et sources

1 - Lieu de vie des équidés

En cas de construction d'une nouvelle écurie ou de transformation d'une écurie existante :

  • Tenir compte des besoins propres à l'espèce concernée (chevaux, poneys, ânes, mulets).
  • Conserver en permanence un environnement sain, les écuries, litières, abreuvoirs et mangeoires devant rester propres, quel que soit le type d’hébergement.
  • Maintenir les sols dans un état sec et non glissant.
  • Prévoir des aires de repos répondant aux besoins de chaleur minimale et d'absence d'humidité.
  • Exclure les clôtures en barbelés et les simples fils de fer.
  • Ne pas empêcher un animal de tiquer, ce qui lui permet de gérer ses frustrations, mais essayer de comprendre, puis d’atténuer ou supprimer la ou les causes de son mal-être.
  • Se méfier des filets avec les chevaux ferrés aux antérieurs.

Pour les équidés vivant la plupart du temps en box :

  • Prévoir des dimensions permettant à l’animal de se coucher, se rouler, s’étirer, se reposer et se relever, sans danger ni restriction.
  • Pour un cheval de 1,70m au garot, prévoir une surface minimale de 12 m2, dont une largeur minimale de 3 m, et adopter des proportions similaires pour les équidés d'une autre taille.
  • Favoriser les boxes avec un minimum de 2 ouvertures, les barreaux de haut en bas entre les boxes étant à privilégier (30cm entre les barreaux), y compris pour les étalons.
  • Prévoir un plafond qui soit le plus haut possible, 3 m minimum sous bas de pente, tant en raison du risque pour l'animal de se blesser à la tête, que pour la quantité d'air dans l’écurie. Se rapprocher autant que possible d'un volume d’environ 40 m3.
  • Garantir aux équidés la possibilité de se mouvoir librement quotidiennement, au minimum pendant 2 heures, à l'air libre et à la lumière du jour, de préférence en présence de congénères, avec possibilité de boire et manger du foin à volonté afin d'éviter l'ennui et la faim.
  • Le manège fermé, le marcheur, le travail sous le selle, à l'attelage, en main ou en longe ne doivent pas être considérés comme apportant une liberté de mouvements ou des moments de détente.
  • Exclure les clôtures électrifiées pour les aires de sortie attenantes aux boxes, dont la superficie limite les défoulements naturels. Ces enclos ne sont par ailleurs pas considérés comme de véritables espaces de liberté.
  • Ne pas laisser les équidés isolés de façon permanente et leur permettre des contacts sociaux visuels, olfactifs et auditifs avec des congénères. Les poulinières sans poulain doivent également pouvoir profiter de ces contacts.
  • Eclairer les lieux de vie de préférence avec une lumière naturel, particulièrement ceux dans lesquelles les animaux séjournent la majeure partie du temps.
  • Ne pas prolonger la période de lumière artificielle au-delà de 16 heures par jour.
  • Prévoir une aération suffisante, afin que l'air ambiant soit proche de la qualité de l'air extérieur (température, humidité, limitation des gaz nocifs et absence de poussière).

Pour les hébergements collectifs (paddock collectif, écurie active, paddock paradise, etc…) :

  • Favoriser les déplacements par l'aménagement de plusieurs espaces éloignés les uns des autres : aires d’affouragement, de repos, surfaces meubles pour les roulades, paddocks stabilisés, points d’eau, emplacements de défécation et d'urinement.
  • Prévoir au minimum une surface équivalente aux dimensions d’un box, multipliée par le nombre d’animaux.
  • Observer le troupeau et veiller à ce que chaque équidé puisse avoir la liberté de se nourrir et se reposer selon ses propres besoins.
  • Aménager des couloirs de circulation mesurant au minimum 4 mètres de large et permettre l’accès à des surfaces herbeuses.
  • Stabiliser et/ou draîner les pistes afin d'éviter la boue par temps de pluie.
  • Prévoir des séparations et subdivisions autorisant les distances entre congénères pour limiter les conflits.
  • Aménager des aires de sortie comprenant une zone avec un sol résistant à la pression (enfoncement du sabot ne dépassant pas la couronne).
  • Répartir le foin dans plusieurs râteliers et/ou filets à petites mailles, éloignés les uns des autres, hors sol et protégés de la pluie. Prévoir la possibilité de les déplacer régulièrement afin de limiter les espaces boueux.
  • Nettoyer quotidiennement les souillures (crottins et urine).

Pour les équidés en permanence en pâturage :

  • Les animaux doivent pouvoir disposer de protections naturelles ou artificielles contre les intempéries, le soleil, les insectes... et tous les animaux doivent pouvoir y trouver place en même temps.
  • En cas de grandes chaleurs, cette protection doit dispenser de l'ombre. Il peut s’agir de groupes d'arbres, de l'ombre d'un bâtiment ou d’un abri.
  • Lors de périodes pluvieuses les animaux doivent pouvoir disposer d'une aire de repos sèche et abritée du vent, le froid étant un élément agravant dont il faut tenir compte.
  • Observer le troupeau et veiller à ce que chaque équidé puisse avoir la liberté de se nourrir selon ses propres besoins, notamment avec des points d’affouragement suffisamment éloignés.
  • Répartir le foin dans plusieurs râteliers et/ou filets à petites mailles, éloignés les uns des autres, hors sol et protégés de la pluie. Prévoir la possibilité de les déplacer régulièrement afin de limiter les espaces boueux.
  • Mettre tout nouveau venu dans une pâture séparée, avec un membre très sociable, pendant quelques jours. Une fois que les deux équidés ont fait connaissance, les relâcher ensemble dans le groupe.

Les équidés ne doivent pas être détenus en permanence à l'attache.

  • Les stalles doivent donc être exclues comme mode d’hébergement permanent.

Informations complémentaires (IFCE - Haras nationaux) 

2 - Santé des équidés

  • Etre convaincu que l'oisiveté et l'isolement (y compris dans un pré) ne sont pas meilleures pour les équidés que pour les hommes...
  • Rendre visite aux animaux au moins une fois par jour et vérifier qu’ils ne sont pas blessés et ne boitent pas.
  • Voir le vétérinaire au minimum 1 fois par an, pour une visite de contrôle.
  • Faire contrôler la dentition par un vétérinaire pratiquant la dentisterie ou un technicien dentaire, tous les 6 mois entre 2 et 5 ans, puis tous les ans.
  • Se préoccuper des fréquents problèmes de dos et de tensions musculaires au niveau de la colonne vertébrale.
  • Vermifuger de 0 à 4 fois/an, en fonction des risques de contamination (boxe < paddock < pré) et des résultats des examens coproscopiques.
  • Voir un maréchal-ferrant ou un pareur 4 à 6 fois/an, que l’animal soit ferré ou non, monté ou non.
  • Soigner les sabots de manière telle que les chevaux puissent, avec ou sans protection, adopter une position anatomiquement correcte, sans gêne dans leurs mouvements. Proscrire la modification de la position naturelle des sabots par l'utilisation de ferrages contraignants ou la fixation de poids au niveau des sabots.
  • Prévenir les maladies des ânes en ne les laissant pas exposés, sans abri, à la pluie ou à la neige, conditions dans lesquelles leur pelage ne les protège pas assez de l'humidité. Eviter de les laisser pendant plusieurs jours sur un sol mouillé, la corne de leur sabot risquant de se ramollir.
  • Rejeter l'élimination des poils tactiles (vibrisses) entourant les yeux, les naseaux et la bouche, en raison de leur fonction de perception sensorielle, dans une zone hors de portée du champ de vision.
  • S'interdire d'entailler les oreilles ou raccourcir la base de la queue.

3 - Alimentation et abreuvement des équidés 

  • Organiser une fréquence des repas tenant compte de l’inconfort ressenti au-delà de 2 à 3 heures, quand l'estomac du cheval se vide.
  • Au repos, différencier les besoins nutritionnels et les besoins comportementaux : Eviter les granulés et autres aliments concentrés riches en calories, avalés en quelques minutes, et favoriser les heures passées à brouter (herbe ou foin), afin de limiter les périodes de jeûne, le développement de problèmes digestifs (ulcères) et le risque d’apparition de stéréotypies (tics).
  • Considérer que le fourrage constitue l'aliment principal du cheval (au moins 60% du régime alimentaire) et qu'il peut couvrir les besoins nutritionnels de la plupart des chevaux à l'entretien ou au travail léger.
  • A la mauvaise saison ou pour les chevaux en box, en remplacement de l’herbe, utiliser du foin en faisant varier ses qualités floristiques.
  • Analyser la valeur nutritionnelle du fourrage pour ajuster la complémentation en fonction des besoins.
  • Considérer les mélanges floconnés ou à base de fibres hachées comme des compléments qui incitent à mastiquer.
  • Considérer que les concentrés sont sources de fourbures et coliques. Les réserver en complément pour les chevaux qui en ont réellement besoin. Préférer les mélanges avec des fibres hachés.
  • Donner 1 à 2 kg de foin aux chevaux avant un exercice important, afin d’éviter que l’estomac ne soit vide, ce qui peut favoriser la formation d’ulcères.
  • Veiller à ce que les races rustiques qui assimilent particulièrement bien la nourriture, les ânes et les poneys notamment, ne mettent pas leur santé en danger pour cause de suralimentation.
  • Accorder la hauteur des mangeoires à la taille des animaux, en évitant des postures qui creusent le dos. Favoriser un port allongé de l'encolure vers le bas, afin de faciliter le transit des aliments dans l'œsophage.
  • Pour la vie en groupe, rechercher des formules qui évitent les restrictions pour les dominés et l’agressivité des dominants. Disposer plus de tas de foin (espacés) que d’animaux, ou prévoir des stalles d’affouragement à parois pleines, qui limitent les mouvements d’hostilité.
  • Prévoir un accès permanent à une eau fraîche et toujours propre (jusqu’à 60 litres par jour et par cheval de 500 kg, en cas de chaleur).
  • En hiver tenir compte, autant que possible, du fait que les équidés préfèrent l’eau tiède à l’eau glacée.
  • Faire réaliser une analyse d’eau dans un laboratoire, afin de vérifier l’absence de taux importants d’éléments toxiques.
  • Se méfier de l’eau de pluie, non minéralisée, qui peut contenir des substances véhiculées lors de son ruissellement (amiante, plomb, poussières diverses, déjections d’oiseaux) avec un risque chimique et/ou bactériologique potentiel.
  • Au pré, placer les abreuvoirs hors des lieux de stationnement des équidés, en évitant de les placer sous les arbres ou haies salissant l'eau.

Informations complémentaires (IFCE - Haras nationaux)

4 - Précautions pour les poulains

  • La méthode d’imprégnation des poulains n’ayant pas révélé d’influence positive à long terme et semblant affaiblir la relation avec la mère en influençant négativement le comportement de l’adulte, limiter toute intervention à des raisons médicales.
  • Instaurer avec l'humain un contact progressif et sans contrainte, en habituant le poulain à notre présence passive, avec la présence rassurante de sa mère.
  • Afin d’éviter l’apparition de comportements anormaux (stéréotypes), privilégier le sevrage vers l’âge de 1 an, tel qu’il se produit dans des conditions naturelles, et l'organiser en conditions sociales favorables, par paire ou en groupes composés.
  • Afin qu'il puisse développer un comportement social normal, accorder aux jeunes chevaux (poulains sevrés, jusqu'au début de l'utilisation régulière), la possibilité de grandir dans un groupe comprenant d’autres jeunes chevaux, ainsi que des adultes, dont une jument non suitée, leur présence limitant les conflits.
  • Transporter des poulains de moins de 2 mois est exclu, même en présence de leur mère (règlementairement interdit).
  • Pour les jeunes chevaux non débourrés, le transport est limité à 8 heures, avec obligation de les convoyer en groupe (règlementairement interdit).

5 - Principes d'apprentissage et de travail des équidés

6 - Retraite et fin de vie des équidés

  • Prévoir et garantir aux équidés des conditions de retraite et de fin de vie dignes des bons et loyaux services qu'ils savent nous apporter, en excluant notamment leur isolement permanent.
  • Garantir aux équidés à la retraite un minimum de 2 heures de sortie quotidienne, au pré ou dans un paddock.
  • Tenir compte de l’avis de votre vétérinaire lorsque l’alimentation et les déplacements de l’animal deviennent difficiles… lui éviter des souffrances inutiles s'il ne peut plus être guéri.

Références et sources...
Pour en savoir plus sur le bien-être des équidés

«Réglementation générale relative à la protection des animaux»
   Article L214-1 – Code Rural français

«Règles sur la détention et le traitement des équidés dans les établissements ouverts au public»
   Articles A 322-116 et suivants du code du sport français

«Code rural et code civil français»
   IFCE (voir "Protection animale"

«Bases du bien-être animal définies par l'IFAW»

   International Fund for Animal Welfare

«Réflexions éthiques face au cheval»
   Observatoire suisse du cheval (Agroscope - Haras national suisse)

«Effect of varying dimensions of the littered lying area on the lying behaviour of group-housed horses»
   Agroscope, haras d’Avenches, Suisse - Sabrina Briefer Freymond

«Petit guide pratique du bien-être de votre cheval»
   Ligue Française pour la Protection du Cheval

«Messages clefs de l’IFCE»
   Institut français du cheval et de l'équitation

«10 commandements de l'éducateur équestre»
   et livre «Sommes nous cruels avec les chevaux?»

   Marthe Kiley Worthington

«Synthèse sur la relation homme-cheval»
   Hausberger M., Roche H., Henry S. et V. E.K Athalijne

«Mon cheval est-il heureux à l’écurie»
   Hélène Roche

«L’encyclopédie pratique du cheval»
   IFCE > Connaissances > Equi-paedia

«41ème Journée de la Recherche Équine»
  
IFCE - Mars 2015

• «Journée-débat autour du bien-être du cheval»
   La Cense - Septembre 2015

«3rd International Equine Science Meeting»
   Nurtingen, Allemagne - 2015

«Le bien-être du cheval»
  
Colloque 2015 IFCE / ENE Saumur / Haras nationaux / Cadre Noir

«Influence of an active stable system on the behaviour and body condition of Iclandic horses»
G. Hoffmann, A. Bentke, S. Rose-Meierhöfer, W. Berg, P. Mazetti, and G. H. Hardarson